Comment choisir ses chaussures de randonnée
Marc, accompagnateur en montagne expérimenté vous dévoile les critères déterminants pour le choix de vos chaussures de randonnée.
Choisir ses chaussures de randonnée selon ses besoins
Les diverses pratiques de la randonnée
Autrefois, le randonneur était habillé d'une chemise à carreaux, d'un knicker et de chaussettes montantes rouges. Il avait un gros sac à dos beige en forme de poire et des grosses chaussures montantes en cuir. Il marchait d'un pas lent et s'arrêtait souvent pour contempler le paysage.
Aujourd'hui, la pratique de la randonnée s'est rajeunie et diversifiée.
La randonnée alpine
La randonnée alpine a pour finalité de gagner un sommet ou un col remarquable. L'objectif va s'évaluer selon son altitude et sa difficulté. La randonnée alpine début souvent par un portion facile, appelée "marche d'approche". Ensuite, la randonnée alpine se déroule sur des sentiers difficiles ou hors-sentier, dans les éboulis, sur le rocher ou la neige. Ce type de terrain difficile exige des chaussures très protectrices et des bâtons de marche pour assurer l'équilibre. L'équipement est souvent un mélange entre celui de l'alpinisme et celui de la marche rapide. Les chaussures utilisées sont soit des chaussures de randonnée classiques, soit des chaussures d'approche.
La randonnée contemplative
La randonnée n'est pas une fin en soi, mais un moyen de locomotion vers un point d'intérêt très fréquenté : lac, refuge. L'itinéraire est facile. L'équipement est souvent minimaliste. La pratique est très occasionnelle.
Les chaussures utilisées sont souvent des chaussures multi-sports ou de running.
La randonnée rapide
Inspirée par le trail, la randonnée rapide (ou fast-hiking) est avant tout une pratique sportive axée sur l'effort et la performance. Les maîtres mots de la randonnée rapide sont la distance et le dénivelé. La montagne n'est pas une fin en soi, elle est le théâtre de l'activité. Chaussures, vêtements et sac sont ultra-légers. Les bâtons de marche favorisent la vitesse et font travailler le haut du corps. Un entraînement régulier s'impose pour progresser.
Les chaussures utilisées sont soit des chaussures de trail, soit des chaussures de fast-hiking.
Comment choisir le bon modèle de chaussures de randonnée ?
La tige (le dessus de la chaussure)
Même si on ne pratique pas la pêche à la ligne debout dans un torrent, avoir une chaussure étanche n'est pas un luxe. La pluie, l'herbe mouillée, les tourbières, les ruisseaux vont tremper vos pieds en quelques minutes. Une doublure en Gore-Tex est à mon avis la meilleure solution pour garder les pieds au sec. Dans ce cas, on trouve généralement le terme GTX dans le nom du modèle de la chaussure. Pour les chaussures montantes, faire très attention au collier de la chaussure : préférer les colliers très échancrés à l'arrière : ils facilitent le déroulé du pied. Je préfère les tiges montantes avec trois rangées d'oeillets (plutôt que deux) : l'appui avant est plus progressif et donc plus confortable.
Le chaussant
Les chaussures de montagne les plus jolies ne sont pas forcément adaptées à vos pied. Chaque fabricant a sa forme de pied de référence : pieds fins ou larges, coup de pied discret ou volumineux. Lors de l'essayage, à la moindre douleur, se reporter vers un autre modèle. Au serrage des lacets, si les passants des lacets sont déjà très proches les uns des autres, choisir un autre modèle pour pieds plus fins. Avec l'étirement de la tige, les passants vont encore se rapprocher au point qu'on ne puisse plus serrer correctement les lacets.
Le laçage
Eviter les simples passants avec pattes en cuir. Préferer au minimum les passants en oeillets ronds. Choisir des modèles avec au moins deux paires de passants auto-blocants (par pincement). Attention aux passants métalliques fixés par des rivets : ils vieillissent rarement bien (arrachement, rouille). Les lacets fournis avec les chaussures ne se valent pas tous : s'ils glissent déjà à l'essayage, c'est mauvais signe.
Le maintien du talon
Avec des chaussures de randonnée à tige basse, la stabilité du talon est critique pour les chevilles. Lorsqu'on se tord le pied, c'est souvent le talon de la semelle qui en est la cause. On privilégiera donc les semelles à talon large, avec rigidité latéralement, avec des angles de semelle marqués et fermes. Autrement dit, évitez les chaussures dont vous arrivez à plier le talon ou les bords du talon, ainsi que les chaussures dont l'angle des semelles est composé de plots se déformant.
La languette
Attention aux languettes baladeuses qui glissent d'un côté ou de l'autre : à éviter. Une languette intégrée à la tige par un soufflet préservera l'étanchéité de la chaussure, mais demandera quelques sorties avant de s'écraser complètement et permettre un serrage adéquat des lacets.
La semelle
Les semelles sont un élément de confort et de sécurité essentiel. Une semelle trop mince ou trop souple protègera mal le pied contre les cailloux. Une semelle épaisse et rigide protègera bien le pied, mais ne se pliera pas facilement pour épouser les mouvements du pied. A mon avis, les véritables semelles Vibram (celles avec le logo jaune) ont en général une meilleure adhérence que les semelles développées en interne par les fabricants de chaussures. La semelle doit être pourvue de crampons d'au moins 5 mm, à la fois pour l'adhérence en terrain gras et pour la protection du pied. Ces crampons en relief doivent être présents sur toute la semelle, de la pointe au talon.
L'amorti de la semelle
L'amorti de la semelle est extrêmement important : fuir les semelles pleines (sans système d'amortissement visible). Eviter les systèmes d'amortissement à air, rapidement détruits par les cailloux et rochers sur les sentiers. Se méfier des amortissements en mousse : c'est très visuel (comprendre : très marketing) quand plusieurs couches sont collées ensemble. Mais la plupart des fabricants sérieux ont abandonné ce procédé car il viellit très mal.
Les systèmes efficaces et résistants sont intégrés dans la masse de la semelle mais présentent une densité comparable à la semelle. Prêter attention à la forme de la semelle de profil : si sa forme est arrondie, elle déroulera mieux sous le pied.
Le pare-pierres
Après la semelle, c'est le second élément de protection important du pied. Le pare-pierre fera tout le tour de la chaussure : une coque sur la pointe du pied, une coque sur le talon, et une bande de chaque côté reliant les deux coques. Ces éléments doivent être en caoutchouc (ou équivalent). Les protections en toile enduite ou en plastique ne tiennent pas le choc. Attention au collage : s'il y a la moindre amorce de décollage, se reporter sur un autre modèle, car si le fabricant n'a pas réussi à coller correctement la chaussure, vous ne ferez pas mieux avec votre colle multi-usages.
Choisir la pointure d'une chaussure de randonnée
Différentes pointures de chaussures de randonnée
UE ou FR
Du 36 au 50 pour pieds de 22 à 33 cm.
Incréments de 5 à 6 mm entre 2 pointures.
Demi-pointures (ou 1/3) pas systématiques.
UK
Du 3½ au 14½ pour pieds de 22 à 33 cm.
Incréments de 5 à 6 mm entre 2 pointures.
Demi-pointures systématiques.
US
Du 4 au 15 pour pieds de 22 à 33 cm.
Incréments de 5 à 6 mm entre 2 pointures.
Demi-pointures systématiques.
Quelle pointure pour des chaussures de randonnée
Inutile de se prendre la tête avec les histoires de "taille petit", "taille normalement" ou "taille grand".
Chaque fabricant ayant ses particularités, il n'y a qu'une méthode pour trouver la bonne pointure.
Mesure de la longueur du pied
- Poser le pied sur une feuille de papier calée contre un mur.
- Caler le talon contre le mur, écraser le pied avec une flexion.
- Tracer un trait devant l'orteil le plus long.
- Mesurer la distance entre le bord de la feuille (côté mur) et le trait.
Détermination de la longueur de semelle intérieure adéquate
Ajouter de 3 à 8 mm à la longueur du pied (selon la forme de vos orteils et vos exigences de confort.
Détermination de la pointure
- Comparer la longueur obtenue avec la longueur des semelles intérieures de vos autres chaussures qui vont bien.
- Choisir une longueur de semelle intérieure optimale par recoupement.
- Chercher la longueur de la semelle intérieure désirée dans la grille des pointures.
- Si la longueur tombe à la limite entre 2 pointures, choisir la plus grande des 2.
- A l'essayage, si les orteils sont comprimés, ne pas prendre une pointure plus grande, mais changer de marque.
- Une chaussure trop grande aura un mauvais maintien latéral et avant-arrière.
Chaussure trop grande ou trop petite
Une chaussure de marche se choisit exactement à la taille, ni trop grande, ni trop petite. Lors de l'essayage, avec des chaussettes de marche type "X-Socks Trek", chaussures délacées, pousser le pied vers l'avant sans comprimer les orteils : il ne faut pas pouvoir enfoncer l'index verticalement entre le talon et la chaussure.
Chaussure lacée, en se tenant debout, il ne faut pas buter à l'avant de la chaussure avec les orteils.
Equivalences des pointures entre marques
Comparer des pointures entres marques différentes reste très délicat : les marques allemandes taillent normalement alors que les marques italiennes taillent petit (une, voir deux pointures d'écart).
Les fabricants qui taillent normalement : Meindl, Salewa, Millet, Quechua.
Les fabricants qui taillent petit : Salomon, Mammut, Garmont. Prendre ½ à 1 pointure de plus.
Les fabricants qui taillent grand : Helly-Hansen. Prendre ½ pointure de moins.
Mondopoint
C'est la longueur de la semelle intérieure de la chaussure en cm et mm.
Ce n'est pas la longueur du pied.
Equivalence taille pointure chaussures de randonnée
Selon les marques et les fabricants, une longueur de semelle intérieure correspond à une pointure différente.
Voici le tableau des correspondances entre longueur du pied, longueur de la semelle intérieure et pointure.

Dernière mise à jour : 7 décembre 2025
Quel type de chaussures de randonnée ?
L'expression "chaussures de randonnée" recouvre des besoins très différents, qu'on peut catégoriser en trois groupes.
Types de chaussures de montagne selon la randonnée
Aucune chaussure ne couvre bien les trois besoins
1. Marche facile sur chemins et bon sentiers
L'idéal : une chaussure légère et confortable, avec une semelle ammortissant bien les chocs.
2. Randonnée sportive sur cailloux et herbe
L'idéal : une chaussure passe-partout.
3. Grande randonnée en haute-montagne
L'idéal : une chaussure de trekking et d'alpinisme.
Chaussure très spécialisée, peu adaptée à la randonnée facile où elle sera inutilement lourde et entravera la liberté de mouvement du pied.
Randonnée sportive sur sentiers rocheux
Randonnée sportive sur éboulis
Randonnée alpine sur blocs
Randonnée alpine sur glacier
Randonnée alpine sur névés
Randonnée sportive sur sentiers rocheux
Chaussures de randonnée basses ou montantes ?
Nous avons longtemps randonné avec des chaussures montantes, tant qu'il n'y avait que cela en magasin. Nous avons essayé et adopté les chaussures de randonnée basses dès leur apparition, il y a une dizaine d'années. Les chaussures de randonnée basses procurent aisance, souplesse, rapidité et gain de poids.
Nous n'utilisons plus les chaussures montantes pour la randonnée pédestre, car les chaussures basses nous conviennent bien mieux. A notre avis, les chaussures montantes se justifient uniquement dans la neige. Depuis que nous marchons avec des chaussures de randonnée basses, nous n'avons plus mal aux genoux ni mal au dos, sans torsions de la cheville. Si l'on craint pour ses chevilles avec des chaussures basses, les bâtons de marche apporteront sécurité et dynamisme.