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A la mémoire de camarades décédés en montagne

 
  Chaque fois que nous perdons un proche, nous nous interrogeons sur le sens de la vie, l'injustice de la mort et une possible vie éternelle dans l'au-delà.  Sans prétendre apporter des réponses à ces questions, je crois profondément que si la mémoire d'un disparu reste dans les coeurs et les pensées de ses proches,  c'est une forme d'existence après la mort.  Sans aucune arrière-pensée, j'ai donc souhaité sur cette page contribuer à perpétuer la mémoire de grands alpinistes que j'ai personnellement connus et qui sont décédés  en montagne. Je suis d'ailleurs profondément désolé de ne plus trouver trace sur le net d'autres grands grimpeurs disparus qui méritaient mieux que cet oubli. 
 

Pierre Chapoutot

Eric Michel

  J'ai rencontré avec émotion Pierre Chapoutot lorsqu'il est venu s'installer à Bonvillard, village de Savoie où j'habitais.  Je le connaissais de réputation depuis mes premiers pas en alpinisme dans les années 80.  Auteur de plus de 140 premières, il affectionnait tout particulièrement la Meije.  Il était membre du G.H.M. (club regroupant l'élite de l'alpinisme européen) depuis 1971, dont il réalisait la revue Cimes.  Ardent défenseur de l'environnement, il était membre actif de Mountain Wilderness.  Il a enseigné l'histoire et la géographie et a écrit avec verve et talent plusieurs livres ("La montagne c'est pointu", "En Savoie").  Conteur hors pair, il avait notamment raconté de façon saisissante comment il avait survécu à une avalanche.  Hélas, le 20 janvier 2006, sous les crêtes de Lachat (Lauzière) l'avalanche lui fut fatale. 

J'ai rencontré Eric Michel lorsque j'ai adhéré au bureau des guides et accompagnateurs en montagne des Hurtières (Maurienne).  Eric se partageait entre son métier d'aspirant-guide de haute-montagne et l'exploitation agricole de sa compagne Michèle.  Il s'était épris du massif de la Lauzière dont il parcourait en connaisseur les itinéraires à ski et les voies d'escalade rocheuse.  Tous appréciaient sa joie de vivre, sa gentillesse, sa générosité, son professionnalisme et le soin qu'il apportait à la sécurité de ses compagnons de cordée.  C'est près du col de Montjoie qu'il connaissait comme sa poche qu'une avalanche l'a emporté avec trois clients en mars 2006.